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Cahiers LL

Outils de réflexion sur les activités du Laboratoire ludique, les Cahiers LL se veulent à la fois un instantané des projets en cours, une trace des réalisations passées et un espace d’exploration d’avenues à poursuivre dans le futur. Ces textes produits au fil des travaux du LL visent à nourrir des échanges pertinents à la mission de ce laboratoire, raffiner un vocabulaire commun et entretenir un dialogue avec l’ensemble des publics intéressés par la vie d’une bibliothèque universitaire.

Cahiers LL

Une histoire sans fil : récit de l’épopée du Théâtre Sans Fil

Depuis quelques années, le Laboratoire ludique du Service des bibliothèques de l’UQAM puise son inspiration dans l’histoire et la démarche artistique du Théâtre Sans Fil. Plus qu’une simple troupe, le TSF représente pour le Laboratoire un jalon fondamental dans l’imaginaire culturel québécois, où se conjuguent narration, matérialité scénique et expérimentation à grande échelle. Fondée au tournant des années 1970, la troupe trouve ses origines dans l’élan créatif porté par les premières cohortes étudiantes de l’UQAM, dont elle incarne à sa manière l’esprit pionnier et collectif.

Ce texte a été rédigé par M. André Viens, directeur artistique et cofondateur du Théâtre Sans Fil, qui retrace avec générosité le parcours de la troupe, évoquant ses choix esthétiques, ses ancrages affectifs et sa vision du monde. Il s’inscrit dans une volonté de valorisation du legs culturel du TSF, mais aussi dans une démarche plus large de réflexion sur les formes d’enchantement que permet le médium marionnettique — au croisement de l’art, de la mémoire et de l’imaginaire.

Cahiers LL

Le médiévalisme dans l’imaginaire ludique au Québec

Cet article interroge l’intersection peu explorée entre le jeu en tant que médium de création et le médiévalisme populaire au Québec, révélant un terrain de « worldbuilding », de création de mondes, à la fois marginalisé et intensément vécu. Par une approche interdisciplinaire combinant ethnographie, histoire, études littéraires et théâtrales, l’étude retrace la trajectoire du médiévalisme, depuis ses incarnations édifiantes et sévères d’avant la Révolution tranquille jusqu’à sa métamorphose postérieure, marquée par une hybridation avec la culture populaire et ludique. Malgré la réprobation des passeurs culturels et intellectuels, l’engouement du public – exprimé à travers des pratiques intercréatives, des jeux de rôle et autres manifestations artisanales – témoigne d’un rapport enthousiaste au médiévalisme romantique, notamment à son expression dans l’œuvre de Tolkien. En soulignant le décalage entre le rejet savant et la passion populaire, l’article propose de repenser la légitimité des pratiques créatives qui existent en marge de la sphère de la « culture » telle qu’entendue par une certaine élite s’érigeant en gardienne de l’identité nationale et d’envisager la revalorisation d’un patrimoine populaire en devenir, branché sur le global.